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Assurance décennale : l'attestation et les mentions de vos devis et factures

Un artisan du bâtiment soumis à l'assurance décennale doit joindre son attestation d'assurance à chacun de ses devis et chacune de ses factures. L'usage est d'y imprimer aussi l'assureur, ses coordonnées et la couverture géographique du contrat : votre client voit d'un coup d'œil qui vous assure. C'est l'une des règles les plus mal appliquées de la profession.

Sommaire (13 parties)
  1. Qui est concerné
  2. Les informations à imprimer, en plus de l'attestation
  3. Décennale, biennale, parfait achèvement : ne pas confondre
  4. La justification d'assurance à l'ouverture du chantier
  5. Ce que vous risquez
  6. La mention RGE, à ne pas confondre
  7. Où renseigner votre décennale dans Nexorio
  8. Assurance et facture électronique
  9. Le sous-traitant doit avoir sa propre assurance
  10. Ce qui fait varier votre prime
  11. La dommages-ouvrage, du côté de votre client
  12. Votre checklist de conformité
  13. Sources officielles
Les textes : pour la décennale, l'article L243-2 du Code des assurances impose de joindre l'attestation d'assurance aux devis et aux factures, sur un modèle fixé par l'arrêté du 5 janvier 2016. L'article L132-1 du Code de l'artisanat, qui a repris le 1er juillet 2023 l'ancien article 22-2 de la loi du 5 juillet 1996 (loi Pinel de 2014), fait indiquer sur les devis et les factures l'assurance professionnelle obligatoire, l'assureur et la couverture géographique. Il ne s'applique pas aux constructeurs soumis à la décennale : pour eux, c'est l'attestation jointe qui compte.

Nexorio imprime votre assurance décennale sur chaque devis et chaque facture du bâtiment. Voir le logiciel de devis BTP et son guide par métier.

Qui est concerné

L'obligation ne pèse que sur les professionnels dont l'activité impose légalement une assurance. Dans le bâtiment, c'est la responsabilité civile décennale qui la déclenche, et elle prend la forme de l'attestation jointe aux devis et aux factures.

  • Sont concernés les constructeurs au sens du Code civil : entrepreneurs, artisans, sous-traitants intervenant sur un ouvrage de bâtiment
  • Maçonnerie, gros œuvre, charpente, couverture, menuiseries extérieures, plomberie, chauffage, électricité, étanchéité, isolation
  • Ne sont pas concernées les activités sans assurance légalement obligatoire : nettoyage, entretien d'espaces verts sans ouvrage, prestations intellectuelles
La qualification dépend de l'ouvrage, pas du métier. Un peintre qui applique un revêtement d'étanchéité de façade réalise un travail susceptible d'engager sa décennale. Le même peintre qui refait un plafond en intérieur, non. En cas de doute, votre assureur tranche : demandez-lui la liste exacte de vos activités garanties.

Le statut n'y change rien : un micro-entrepreneur qui réalise ces travaux est soumis à la même obligation. Qui doit s'assurer, à quel moment, et que faire quand un assureur refuse : voir le guide de l'assurance décennale de l'auto-entrepreneur.

Les informations à imprimer, en plus de l'attestation

L'attestation jointe porte tout ce que la loi demande. Les trois informations ci-dessous, imprimées sur le devis et la facture, permettent à votre client de vérifier votre assurance sans ouvrir la pièce jointe.

ÉlémentCe qu'il faut écrire
L'assurance souscriteLa nature de la garantie, par exemple « Assurance responsabilité civile décennale »
Les coordonnées de l'assureurNom de la compagnie ou du garant et son adresse, avec le numéro de contrat
La couverture géographiqueLe périmètre couvert par le contrat, par exemple « France métropolitaine »
Exemple de bloc à porter en pied de devis et de facture : « Assurance responsabilité civile décennale souscrite auprès de [Compagnie], [adresse de la compagnie], contrat n° [référence]. Couverture géographique : France métropolitaine. »

Elles viennent s'ajouter aux mentions obligatoires du devis et à celles de la facture. L'attestation, elle, accompagne les deux documents, pas seulement le devis.

Décennale, biennale, parfait achèvement : ne pas confondre

GarantieDuréeCe qu'elle couvre
Parfait achèvement1 anTous les désordres signalés à la réception ou dans l'année, quelle que soit leur gravité
Bon fonctionnement (biennale)2 ansLes éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage : radiateurs, volets, portes intérieures
Décennale10 ansLes dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination

Seule la décennale fait l'objet d'une assurance légalement obligatoire, et donc de l'attestation à joindre. Les trois garanties partent du même point de départ : la réception des travaux. D'où l'intérêt de formaliser un procès-verbal de réception daté, y compris sur un petit chantier.

Ce que couvre chacune de ces garanties, leur durée et la conduite à tenir quand un client signale un défaut sont détaillés dans l'article sur les garanties après travaux.

La justification d'assurance à l'ouverture du chantier

L'attestation jointe aux devis et aux factures ne dispense pas de justifier de votre assurance à l'ouverture de tout chantier (Code des assurances, article L241-1). Concrètement, votre client, votre donneur d'ordre ou le maître d'œuvre peut vous réclamer votre attestation. Qui tient quel rôle sur un chantier est expliqué dans l'article sur le maître d'ouvrage, le maître d'œuvre et le sous-traitant.

  • L'attestation suit un modèle normalisé qui précise les activités garanties, les montants et la période de validité
  • Vérifiez que la liste des activités déclarées couvre réellement ce que vous faites sur le chantier
  • Une activité exercée hors de celles déclarées à l'assureur n'est pas garantie, même si vous payez vos primes
Le piège de l'activité non déclarée. Un couvreur assuré pour la couverture qui installe des panneaux photovoltaïques sans l'avoir déclaré n'est pas couvert sur cette activité. En cas de sinistre, l'assureur refuse sa garantie et vous répondez sur votre patrimoine pendant dix ans. Actualisez votre déclaration d'activités à chaque nouveau savoir-faire.

Ce que vous risquez

En cas d'attestation manquante

  • Un client qui ne peut pas vérifier votre assurance, et qui hésite à signer
  • Un argument offert à un client de mauvaise foi en cas de litige sur le chantier
  • Une exclusion fréquente des appels d'offres et des plateformes de mise en relation, qui contrôlent ce point

En cas d'absence d'assurance

Le défaut d'assurance décennale n'est pas une négligence administrative, c'est un délit. Il expose à une peine d'emprisonnement et à une amende lourde. Et surtout, en cas de sinistre, l'artisan répond personnellement des réparations pendant dix ans, ce qui suffit à liquider n'importe quelle petite entreprise.

La mention RGE, à ne pas confondre

Beaucoup d'artisans regroupent sur leur pied de page l'assurance et la qualification RGE. Ce sont deux choses différentes :

  • L'assurance décennale est une obligation légale, sanctionnée pénalement
  • La qualification RGE est un label volontaire, qui conditionne l'accès de votre client aux aides comme MaPrimeRénov' et les CEE

Le sujet des aides et de leur mention est traité dans notre article sur les CEE et MaPrimeRénov' dans les devis.

Où renseigner votre décennale dans Nexorio

Dans Nexorio, la décennale se renseigne une seule fois, dans les Paramètres, bloc Assurance décennale : le nom de l'assureur, ses coordonnées, le numéro de contrat et la zone géographique couverte. Ces informations s'impriment ensuite automatiquement sur tous vos devis et factures de travaux, sous les mentions légales. Le bloc est réservé au secteur bâtiment, et rien n'est imprimé tant qu'il reste vide. Vous pouvez aussi y déposer votre attestation, en PDF ou en photo : Nexorio la joint alors d'office à l'email de chaque devis et de chaque facture. C'est facultatif : sans elle, l'email part comme avant, l'assurance imprimée sur le document.

Assurance et facture électronique

La facture électronique transmise par la Plateforme Agréée porte les mentions de facturation du Code général des impôts. L'assurance décennale n'en fait pas partie : il n'y a rien à ajouter dans le fichier structuré.

Votre obligation ne change pas : l'attestation accompagne le devis et la facture remis à votre client. Avec Nexorio, les références de votre assurance restent imprimées sur le PDF de la facture, que votre donneur d'ordre peut lire comme avant.

Le sous-traitant doit avoir sa propre assurance

Idée reçue tenace : le sous-traitant serait couvert par l'assurance de l'entreprise principale. C'est faux, et cette erreur se paie très cher.

  • Le sous-traitant n'est pas lié au maître d'ouvrage, il ne relève donc pas de la présomption de responsabilité décennale, mais il engage sa responsabilité contractuelle envers l'entreprise principale, pendant dix ans
  • L'entreprise principale, condamnée au titre de la décennale, se retourne contre son sous-traitant
  • Un sous-traitant non assuré répond alors sur son patrimoine, sans aucun filet
  • C'est pourquoi tout donneur d'ordre sérieux exige l'attestation d'assurance avant le démarrage

Sur les autres aspects de la relation de sous-traitance, notamment fiscaux, voir notre guide de la sous-traitance BTP et de l'autoliquidation de TVA.

Ce qui fait varier votre prime

Le coût d'une décennale n'a rien d'uniforme. Les principaux facteurs sont connus des assureurs et méritent d'être anticipés :

  • La nature des activités déclarées : le gros œuvre, la charpente et l'étanchéité coûtent bien plus cher que la peinture intérieure
  • L'ancienneté de l'entreprise : les premières années sont les plus chères, faute d'antécédents
  • Le chiffre d'affaires déclaré et sa répartition par activité
  • Le recours à la sous-traitance, qui augmente l'exposition
  • La sinistralité passée et les qualifications professionnelles détenues
Le point à surveiller chaque année : la déclaration de chiffre d'affaires et de répartition d'activités demandée par votre assureur n'est pas une formalité administrative. Une sous-déclaration peut entraîner une réduction proportionnelle d'indemnité en cas de sinistre, exactement au moment où vous avez besoin de la garantie.

La dommages-ouvrage, du côté de votre client

À côté de votre décennale, il existe une assurance que le maître d'ouvrage doit souscrire avant l'ouverture du chantier : la dommages-ouvrage. Elle permet de préfinancer les réparations sans attendre qu'un tribunal désigne un responsable.

  • Elle est obligatoire pour tout maître d'ouvrage faisant réaliser des travaux de construction
  • Un particulier qui construit ou rénove lourdement pour lui-même n'est pas pénalement sanctionné s'il ne la souscrit pas, mais il en supporte les conséquences
  • Son absence complique fortement la revente du bien dans les dix ans

Informer votre client de cette obligation est un réflexe professionnel utile : cela vous positionne comme un interlocuteur sérieux et vous évite un conflit lorsque le sinistre survient sans financement disponible.

Votre checklist de conformité

Point à vérifierFréquence
Mentions d'assurance présentes sur devis et facturesUne fois, puis à chaque changement d'assureur
Liste des activités garanties à jourÀ chaque nouvelle activité exercée
Attestation en cours de validité disponibleChaque année
Attestation transmise au client à l'ouverture du chantierÀ chaque chantier
Déclaration annuelle de chiffre d'affaires à l'assureurChaque année
Procès-verbal de réception signé et datéÀ chaque fin de chantier

La dernière ligne est celle qu'on néglige le plus. Sans procès-verbal de réception daté, le point de départ des garanties devient discutable, et c'est vous qui en supportez l'incertitude.

Sources officielles

Questions fréquentes

Quelles mentions d'assurance doivent figurer sur un devis d'artisan ?

Pour un artisan soumis à la décennale, la loi demande de joindre l'attestation d'assurance à chaque devis et chaque facture (Code des assurances, article L243-2) ; l'usage est d'y imprimer aussi l'assureur, ses coordonnées et la zone couverte. Les autres artisans dont l'assurance est obligatoire indiquent l'assurance, l'assureur et la couverture géographique (Code de l'artisanat, article L132-1).

Tous les artisans sont-ils concernés par cette obligation ?

Non. Seuls les professionnels dont l'activité impose légalement une assurance sont concernés. Dans le bâtiment, c'est la responsabilité civile décennale qui déclenche l'obligation, avec l'attestation à joindre aux devis et aux factures.

Depuis quand ces obligations existent-elles ?

La mention de l'assurance obligatoire date de la loi Pinel du 18 juin 2014 (ancien article 22-2 de la loi du 5 juillet 1996, devenu l'article L132-1 du Code de l'artisanat le 1er juillet 2023). Pour la décennale, l'attestation est jointe aux devis et aux factures depuis le 1er juillet 2016 (Code des assurances, article L243-2).

Un sous-traitant est-il couvert par l'assurance de l'entreprise principale ?

Non. Chaque entreprise doit disposer de sa propre assurance. L'entreprise principale condamnée au titre de la décennale se retourne contre son sous-traitant, qui répond alors sur son patrimoine s'il n'est pas assuré.

Quelle différence entre décennale, biennale et parfait achèvement ?

La garantie de parfait achèvement couvre un an tous les désordres signalés. La garantie biennale couvre deux ans les équipements dissociables. La décennale couvre dix ans les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination.

Que risque-t-on sans assurance décennale ?

Le défaut d'assurance décennale est un délit, sanctionné pénalement. Surtout, en cas de sinistre, l'artisan répond personnellement des réparations pendant dix ans, ce qui suffit à liquider une petite entreprise.