Sommaire (13 parties)
- La formule du taux horaire d'un artisan
- Étape 1 : vos charges fixes de l'année
- Étape 2 : vos cotisations sociales
- Étape 3 : le revenu que vous visez
- Étape 4 : vos heures réellement facturées
- Exemple chiffré : un artisan seul en micro-entreprise
- Taux horaire d'un plombier, d'un électricien, d'un maçon : exemples de calcul
- Du taux plancher au prix que vous affichez
- Taux horaire ou prix à l'unité : comment s'en servir
- Les quatre erreurs qui faussent le calcul
- Avec un salarié
- Dans Nexorio
- Sources officielles
Vous préférez le garder sous la main ? Le calculateur a sa propre page : le calculateur de taux horaire, avec la méthode de calcul et ses questions fréquentes.
La formule du taux horaire d'un artisan
Le calcul tient en une ligne : taux horaire HT = (charges fixes de l'année + cotisations sociales + revenu net visé) ÷ heures facturées dans l'année. Les trois premiers chiffres disent combien l'entreprise doit encaisser en main d'œuvre. Le dernier dit sur combien d'heures elle peut le faire. Les matériaux n'entrent pas dans la formule : ils se refacturent à part, ligne par ligne, avec leur propre marge.
Étape 1 : vos charges fixes de l'année
Les charges fixes sont les dépenses qui tombent même quand aucun chantier n'est en cours. Relevez-les sur douze mois, relevés bancaires à l'appui, sans oublier celles qui ne sont payées qu'une fois par an :
- Le véhicule : crédit ou location, carburant, entretien, assurance.
- Les assurances : décennale, responsabilité civile, prévoyance.
- Le local ou le dépôt : loyer, électricité, cotisation foncière des entreprises.
- L'outillage et son renouvellement, les équipements de protection, les consommables.
- Le fonctionnement : téléphone, logiciels, banque, expert-comptable, formation.
Les achats d'un chantier précis (matériaux, location d'un engin, sous-traitance, évacuation des déchets) ne sont pas des charges fixes. Ils se chiffrent sur le devis du chantier concerné, comme l'explique le guide du calcul de marge sur un devis.
Étape 2 : vos cotisations sociales
Leur calcul dépend de votre statut, et c'est ce qui change la formule.
- En micro-entreprise, les cotisations sont un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé : 21,2 % pour les prestations de services artisanales en 2026, auxquels s'ajoute 0,3 % de contribution à la formation professionnelle. Elles se paient donc aussi sur la part du chiffre d'affaires qui sert à régler vos charges.
- Sous les autres statuts (entreprise individuelle au régime réel, société), elles se calculent sur le revenu ou sur la rémunération. Le taux varie avec le statut et le niveau de revenu : demandez le vôtre à votre expert-comptable.
Étape 3 : le revenu que vous visez
Partez du revenu net dont vous avez besoin chaque mois, avant impôt sur le revenu, et multipliez-le par douze. Douze, et non le nombre de mois travaillés : un artisan à son compte n'a pas de congés payés, ce sont les heures facturées le reste de l'année qui financent ses semaines d'arrêt. Si vous voulez mettre de côté pour un arrêt de travail ou pour votre retraite, ajoutez ce montant au revenu visé plutôt que de compter sur ce qu'il restera.
Étape 4 : vos heures réellement facturées
C'est le chiffre qui fait le plus d'erreurs. Une semaine de 40 heures ne donne jamais 40 heures facturées : une partie du temps part dans ce que le client ne paie pas à l'heure.
| Temps | Exemple | Résultat |
|---|---|---|
| Semaines travaillées dans l'année | 52, moins les congés, les jours fériés et les arrêts | 45 semaines |
| Heures de travail par semaine | Chantier, route et bureau compris | 40 heures |
| Heures travaillées dans l'année | 45 × 40 | 1 800 heures |
| Part des heures facturées | Le reste : devis, déplacements, achats, administratif, reprises | 65 % |
| Heures facturées dans l'année | 1 800 × 65 % | 1 170 heures |
Cette part se mesure, elle ne se devine pas. Sur un mois ordinaire, additionnez les heures portées sur vos factures et divisez par vos heures de travail : vous obtenez votre propre pourcentage. Il est plus bas pour un artisan qui fait beaucoup de petites interventions éloignées les unes des autres que pour celui qui reste trois semaines sur le même chantier.
Exemple chiffré : un artisan seul en micro-entreprise
Un artisan seul vise 2 500 € nets par mois et supporte 1 200 € de charges fixes mensuelles. Il travaille 45 semaines de 40 heures et facture 65 % de son temps.
| Poste | Calcul | Sur l'année |
|---|---|---|
| Revenu net visé | 2 500 € × 12 | 30 000 € |
| Charges fixes | 1 200 € × 12 | 14 400 € |
| Cotisations sociales | 21,5 % du chiffre d'affaires | 12 161 € |
| Main d'œuvre à facturer | 44 400 € ÷ (1 − 0,215) | 56 561 € |
| Heures facturées | 45 × 40 × 65 % | 1 170 heures |
| Taux horaire plancher | 56 561 € ÷ 1 170 h | 48,34 € HT |
Le même calcul divisé par les 1 800 heures travaillées donnerait 31,42 € de l'heure. À ce prix, l'artisan encaisserait 36 761 € au lieu de 56 561 € : il paierait ses charges et ses cotisations, et il lui resterait environ 1 200 € par mois, moins de la moitié du revenu visé. L'écart entre les deux taux, c'est tout le temps passé à préparer, à se déplacer et à gérer.
Le même artisan sous un autre statut
Hors micro-entreprise, les cotisations s'ajoutent au revenu au lieu de se calculer sur le chiffre d'affaires. Avec une hypothèse de 45 % du revenu, à remplacer par le chiffre de votre expert-comptable, la main d'œuvre à facturer devient 14 400 € + 30 000 € × 1,45, soit 57 900 €, et le taux horaire plancher 49,49 € HT. Les deux statuts donnent ici des résultats proches : c'est le nombre d'heures facturées qui pèse le plus dans le résultat, pas le statut.
Taux horaire d'un plombier, d'un électricien, d'un maçon : exemples de calcul
Le même calcul ne donne pas le même taux d'un métier à l'autre, parce que les charges fixes et la part des heures facturées changent. Le tableau applique la formule à cinq profils d'artisans seuls en micro-entreprise, avec le même revenu visé (2 500 € nets par mois), les mêmes 45 semaines de 40 heures et des cotisations de 21,5 %. Les charges et les parts d'heures facturées sont des hypothèses d'exemple, pas des moyennes du métier : ce ne sont pas des prix du marché, remplacez-les par vos propres chiffres dans le calculateur.
| Profil | Charges fixes par an | Heures facturées | Taux horaire plancher |
|---|---|---|---|
| Plombier qui fait surtout du dépannage | 16 800 € (véhicule équipé, stock de pièces) | 990 h (55 % du temps) | 60,22 € HT |
| Électricien en rénovation | 13 200 € | 1 170 h (65 %) | 47,04 € HT |
| Maçon sur des chantiers de plusieurs semaines | 18 000 € (échafaudage, bétonnière, utilitaire) | 1 350 h (75 %) | 45,29 € HT |
| Carreleur | 12 000 € | 1 260 h (70 %) | 42,46 € HT |
| Peintre | 10 800 € | 1 260 h (70 %) | 41,25 € HT |
Ce qui ressort : le dépanneur a le taux le plus haut, non parce que son travail vaut plus, mais parce qu'il facture moins d'heures. Chaque intervention a son trajet, sa recherche de panne et son passage chez le grossiste, qui ne se facturent pas à l'heure. À l'inverse, le maçon qui reste trois semaines sur le même chantier facture une plus grande part de son temps et peut supporter des charges plus lourdes avec un taux plus bas. Avant de comparer votre taux à celui d'un confrère, comparez donc vos heures facturées.
Du taux plancher au prix que vous affichez
Le plancher couvre vos dépenses et votre revenu, rien de plus. Avant de l'écrire sur un devis, trois réglages.
- Une marge de sécurité pour les mois creux, une facture qui tarde, un outil à remplacer. Elle s'ajoute au plancher, elle ne se prend pas sur votre revenu.
- Le marché de votre secteur. Comparez votre résultat aux prix pratiqués par les artisans de votre métier dans votre zone. S'il est nettement au-dessus, ce sont vos charges ou vos heures facturées qu'il faut revoir, pas le calcul.
- Des taux différents selon la prestation : dépannage en urgence, intervention le soir ou le week-end, déplacement forfaitaire. Ils sont libres, à condition d'être annoncés au client avant l'intervention.
Sur ce dernier point, la règle est écrite : pour un dépannage, une réparation ou un entretien chez un particulier, vous devez faire connaître vos tarifs avant d'intervenir, dont le taux horaire de main d'œuvre toutes taxes comprises et les frais de déplacement (arrêté du 24 janvier 2017). Un artisan en franchise en base de TVA n'ajoute pas de TVA : son taux hors taxes est le prix que paie le client.
Taux horaire ou prix à l'unité : comment s'en servir
Dans le bâtiment, un devis se chiffre le plus souvent à l'ouvrage : au mètre carré, au mètre linéaire, à l'unité. Le taux horaire reste la base du calcul, il ne s'affiche simplement pas. Le prix d'un ouvrage vaut le temps qu'il vous prend, multiplié par votre taux horaire, plus les matériaux et leur marge.
Exemple : si poser un mètre carré de carrelage vous prend 1 h 15, la main d'œuvre vaut 1,25 × 48,34 €, soit 60,43 € HT par mètre carré, auxquels s'ajoutent le carrelage, la colle et les joints. Une fois ce prix établi, il se réutilise d'un devis à l'autre : c'est le rôle d'une bibliothèque d'ouvrages. Quand votre taux horaire change, ce sont ces prix unitaires qu'il faut reprendre.
Les quatre erreurs qui faussent le calcul
- Diviser par les heures travaillées. C'est l'erreur de l'exemple : 31,42 € au lieu de 48,34 €.
- Oublier les dépenses annuelles : l'assurance décennale, la cotisation foncière, le contrôle du véhicule, payés une fois par an et absents d'un relevé mensuel.
- Compter douze mois de travail. Sans congés ni jours fériés dans le calcul, le taux est trop bas dès le premier arrêt.
- Ne jamais le recalculer. Le carburant, l'assurance et les cotisations bougent : refaites le calcul chaque année, au moment de votre bilan ou de votre déclaration.
Avec un salarié
Le raisonnement est le même, avec un autre numérateur. Le coût d'une heure de salarié additionne son salaire brut, les cotisations patronales et ses congés payés, rapportés à ses heures passées sur les chantiers, puis une part des charges fixes de l'entreprise. Le taux facturé au client doit couvrir ce coût et laisser une marge : c'est elle qui se suit ensuite chantier par chantier, comme le montre le guide de la rentabilité d'un chantier.
Le calcul complet du coût d'une heure de salarié, caisse de congés payés et indemnités de petits déplacements comprises, est dans l'article sur le coût horaire de la main d'œuvre et les frais généraux.
Dans Nexorio
Nexorio ne calcule pas votre taux horaire à votre place, et il ne pointe pas vos heures. Il s'en sert une fois que vous l'avez :
- Une ligne « Main d'œuvre » avec l'unité « heure » et votre taux. Enregistrée dans « Mes prestations », elle revient dans un devis dès que vous tapez son nom.
- Le prix d'achat de chaque ligne (menu « ⋯ », « Prix d'achat / Marge ») : la marge de la ligne s'affiche en euros et en pourcentage, et la marge globale du devis se lit pendant que vous chiffrez.
- Vos ouvrages chiffrés une fois : le prix au mètre carré calculé avec votre taux horaire se garde dans votre bibliothèque et se réutilise sur chaque devis.
Le calculateur de marge de chantier complète celui de cette page : le premier donne le prix d'une heure, le second vérifie ce qu'un chantier vous laisse une fois les matériaux, les heures et les frais déduits.
Sources officielles
- Entreprendre Service Public : cotisations et contributions sociales du micro-entrepreneur
- Entreprendre Service Public : micro-entreprise, plafonds de chiffre d'affaires
- Légifrance : arrêté du 24 janvier 2017 sur la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d'entretien
Questions fréquentes
Comment calculer le taux horaire d'un artisan ?
Additionnez vos charges fixes de l'année, vos cotisations sociales et le revenu net que vous visez, puis divisez par le nombre d'heures que vous facturez réellement. Avec 30 000 € de revenu, 14 400 € de charges et 1 170 heures facturées, un micro-entrepreneur arrive à 48,34 € hors taxes de l'heure.
Quel taux horaire pour un artisan auto-entrepreneur ?
Aucun taux n'est fixé par la loi : il dépend de vos charges et de vos heures facturées. En micro-entreprise, comptez les cotisations sur le chiffre d'affaires, soit 21,2 % pour les prestations artisanales en 2026 et 0,3 % pour la formation, y compris sur la part qui paie vos charges.
Pourquoi diviser par les heures facturées et non par les heures travaillées ?
Parce que les devis, les déplacements, les achats et l'administratif ne se facturent pas à l'heure. Sur 1 800 heures travaillées, un artisan qui en facture 65 % n'en vend que 1 170. Diviser par 1 800 donnerait 31,42 € au lieu de 48,34 €, un prix qui ne couvre pas le revenu visé.
Le taux horaire d'un artisan s'annonce-t-il HT ou TTC ?
Le devis donne les deux. Pour un dépannage, une réparation ou un entretien chez un particulier, le taux horaire de main d'œuvre doit être annoncé toutes taxes comprises avant l'intervention. Un artisan en franchise en base de TVA n'ajoute pas de TVA : son taux hors taxes est le prix payé.
Pourquoi un plombier en dépannage a-t-il un taux horaire plus élevé qu'un maçon ?
Parce qu'il facture une plus petite part de son temps : trajets, recherche de panne et passages chez le grossiste ne se facturent pas à l'heure. Avec le même revenu visé, un dépanneur qui facture 55 % de son temps arrive à 60,22 € HT de l'heure, un maçon qui en facture 75 % à 45,29 € HT, sur les hypothèses d'exemple de l'article.
À quelle fréquence recalculer son taux horaire ?
Au moins une fois par an, et à chaque changement important : nouveau véhicule, hausse d'assurance, fin d'une exonération de cotisations, embauche. Reprenez ensuite vos prix à l'ouvrage, qui sont calculés avec ce taux.