Sommaire (10 parties)
- Du coût de revient au résultat : les trois chiffres d'un chantier
- Compter la main d'œuvre au bon prix
- Avant le chantier : la rentabilité prévue
- Après le chantier : la rentabilité réelle
- Pendant le chantier : les trois écarts à suivre
- Pourquoi un chantier rentable sur le devis ne l'est plus à la fin
- La rentabilité de l'année : le seuil à atteindre
- Rentabilité et trésorerie : deux choses différentes
- Dans Nexorio
- Sources
Dans Nexorio, chaque chantier regroupe ses devis, ses factures et ses achats : voir le logiciel de suivi de chantier.
Du coût de revient au résultat : les trois chiffres d'un chantier
| Niveau | Formule | Ce qu'il dit |
|---|---|---|
| Coût de revient | Matériaux + main d'œuvre + frais propres au chantier | Ce que le chantier coûte directement |
| Marge brute | Prix de vente HT − coût de revient | Ce que le chantier apporte pour payer les charges fixes |
| Résultat du chantier, ou marge nette | Marge brute − part des charges fixes | Ce qu'il reste vraiment à l'entreprise |
Un chantier peut afficher une belle marge brute et ne rien laisser : c'est le cas quand elle ne suffit pas à couvrir le véhicule, les assurances, le local et le temps passé hors chantier. D'où l'intérêt de descendre jusqu'au résultat, au moins sur vos chantiers les plus importants.
Le coût de revient se construit ouvrage par ouvrage : la méthode est dans l'article sur le déboursé sec.
Compter la main d'œuvre au bon prix
C'est le point qui fausse le plus de calculs : une heure de travail ne vaut ni zéro, ni le prix facturé au client.
- Artisan seul : comptez vos heures à votre taux horaire plancher, celui qui couvre vos charges fixes, vos cotisations et votre revenu. Le calcul est détaillé dans le guide du taux horaire d'un artisan. Avec cette méthode, vos charges fixes sont déjà dans le prix de l'heure : un résultat positif veut dire que le chantier a payé tout ce qu'il devait payer, vous compris.
- Avec des salariés : comptez chaque heure à son coût chargé (salaire brut, cotisations patronales, congés payés), puis ajoutez la part de charges fixes, calculée en pourcentage du coût de revient ou du chiffre d'affaires de l'année.
Avant le chantier : la rentabilité prévue
Elle se lit sur le devis. Chaque ligne a un prix de vente et un coût : le prix d'achat pour un matériau, le temps prévu multiplié par votre taux horaire pour la main d'œuvre. La méthode de chiffrage, ligne par ligne, est dans le guide du calcul de marge sur un devis. Gardez ce prévu : sans lui, vous ne pourrez comparer le réel à rien. Les étapes qui mènent à ce prévu sont dans la méthode pour chiffrer un chantier de bâtiment.
Après le chantier : la rentabilité réelle
Le calcul se refait à la fin, avec trois chiffres qui ne viennent plus du devis.
- Ce qui a été facturé, hors taxes : acomptes, situations et facture finale, travaux supplémentaires compris, avoirs déduits.
- Ce qui a été acheté : factures des fournisseurs, locations, sous-traitance, dépôt des déchets (hors taxes, ou TTC si vous êtes en franchise de TVA : sa TVA ne vous est pas rendue).
- Les heures réellement passées, trajets et approvisionnements compris, multipliées par leur coût.
Exemple chiffré : une salle de bain à 9 000 € HT
Un artisan seul, dont le taux horaire plancher est de 48,34 €, a vendu la rénovation d'une salle de bain 9 000 € HT. Il prévoyait 70 heures. Il en a passé 86.
| Poste | Prévu sur le devis | Réel à la fin | Écart |
|---|---|---|---|
| Facturé HT | 9 000,00 € | 9 000,00 € | 0,00 € |
| Matériaux | 3 200,00 € | 3 450,00 € | + 250,00 € |
| Frais de chantier (déchets, location) | 250,00 € | 310,00 € | + 60,00 € |
| Main d'œuvre | 70 h, soit 3 383,80 € | 86 h, soit 4 157,24 € | + 773,44 € |
| Coût complet | 6 833,80 € | 7 917,24 € | + 1 083,44 € |
| Résultat du chantier | 2 166,20 € (24,1 %) | 1 082,76 € (12,0 %) | − 1 083,44 € |
Le chantier reste bénéficiaire, mais il rapporte la moitié de ce qui était prévu. Plus des deux tiers de l'écart viennent des seize heures en trop, et non des matériaux. C'est un écart classique : les achats se voient sur une facture, les heures ne se voient nulle part si personne ne les note.
Pendant le chantier : les trois écarts à suivre
Attendre la fin pour compter ne change plus rien au chantier en cours. Trois contrôles, faits à mi-parcours, laissent le temps de réagir.
- Les heures : si la moitié du travail est faite et que les deux tiers des heures prévues sont consommées, le chantier dérive. Mieux vaut le savoir avant la dernière semaine.
- Les achats : toute commande qui n'était pas dans le devis se note au moment où elle est passée, avec le chantier auquel elle appartient. La façon de noter et de répartir ces achats est dans notre guide du suivi des achats de chantier.
- Les travaux en plus : ce que le client demande en cours de route se chiffre et se fait accepter avant d'être exécuté.
Pour suivre ces écarts chaque semaine, sur tous vos chantiers à la fois, voyez les colonnes d'un tableau de suivi de chantier.
Pourquoi un chantier rentable sur le devis ne l'est plus à la fin
- Des temps sous-estimés : l'accès difficile, la dépose plus longue que prévu, le support à reprendre.
- Des heures non comptées : les trajets, le passage chez le fournisseur, le nettoyage, le retour pour une finition.
- Des quantités trop justes : chutes, casse, second trajet pour trois plaques manquantes.
- Une remise accordée à la signature, prise entièrement sur la marge.
- Des déchets non chiffrés : le tri, le transport et le dépôt, que le devis doit de toute façon estimer. Le détail est dans le guide des déchets de chantier.
La rentabilité de l'année : le seuil à atteindre
Chaque chantier apporte sa marge brute ; c'est l'addition de l'année qui paie les charges fixes. Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires à partir duquel elles sont couvertes : charges fixes de l'année ÷ taux de marge brute moyen. La rémunération de l'artisan et ses cotisations doivent figurer dans ces charges, sans quoi le seuil calculé ne tient pas compte de son revenu.
Exemple : une entreprise qui supporte 60 000 € de charges fixes par an, rémunération du dirigeant comprise, et dont les chantiers dégagent en moyenne 40 % de marge brute, doit facturer 150 000 € HT pour ne rien perdre. En dessous, chaque chantier a beau être rentable pris seul, l'année ne l'est pas. Si votre marge moyenne tombe à 30 %, le seuil monte à 200 000 € : un tiers de chiffre d'affaires en plus pour le même résultat.
Rentabilité et trésorerie : deux choses différentes
Un chantier rentable peut mettre le compte en banque à découvert, s'il faut payer les matériaux deux mois avant d'encaisser la facture finale. La rentabilité se joue sur le prix et sur les heures ; la trésorerie, sur le calendrier des paiements : un acompte à la commande, des factures de situation sur un chantier long, une échéance courte sur la facture finale. Les deux se suivent séparément. La méthode pour prévoir ces dates semaine par semaine est dans le guide de la trésorerie de l'artisan du bâtiment.
Dans Nexorio
- Sur le devis : le prix d'achat de chaque ligne (menu « ⋯ », « Prix d'achat / Marge ») affiche la marge de la ligne et la marge globale, en euros et en pourcentage, pendant que vous chiffrez. Leur couleur suit les seuils réglés dans Paramètres, « Objectifs de marge ». Une « Marge voulue », saisie à côté du prix d'achat, calcule le prix de vente.
- Dans les Indicateurs : le bloc « Marge » donne la marge des devis acceptés, et le chiffre d'affaires se filtre par chantier.
- Sur la fiche d'un chantier, ou dans la page Achats : vos achats se saisissent à la main dans tous les plans, avec leur catégorie, et le chantier qui les porte. Avec le plan Business, le bloc « Rentabilité du chantier » compare ce qui a été facturé aux dépenses : les factures de fournisseurs reçues et rangées sur le chantier, les achats saisis et la main d'œuvre, saisie en heures avec ce que coûte une heure.
Ce que Nexorio ne fait pas
Nexorio n'a pas de pointeuse : les heures passées sur un chantier se saisissent à la main, avec le plan Business, dans la section « Main d'œuvre » de sa fiche ou semaine par semaine dans « Heures de l'équipe », et entrent alors dans la marge avec les achats. Sans ce plan, elles se notent ailleurs, sur un carnet ou un tableur. Ce qu'il faut y relever chaque jour, avec un modèle à recopier, est dans le guide de la feuille d'heures de chantier. Les frais généraux ne sont pas répartis par chantier, et Nexorio ne tient pas votre comptabilité.
Pour un contrôle rapide, le calculateur de marge de chantier refait le calcul à partir de vos matériaux, de vos heures et de vos frais.
Sources
- Bpifrance Création : le seuil de rentabilité, définition et calcul
- Entreprendre Service Public : le devis, activités concernées et mentions
- economie.gouv.fr : le devis obligatoire
Questions fréquentes
Comment calculer la rentabilité d'un chantier ?
Retirez du montant facturé hors taxes les matériaux, les frais du chantier et les heures passées, comptées à leur coût. Vous obtenez la marge brute, puis le résultat en retirant la part de charges fixes. Refaites le calcul à la fin avec les dépenses réelles et comparez au devis.
Quelle différence entre marge brute et résultat d'un chantier ?
La marge brute est le prix de vente moins le coût direct du chantier : matériaux, main d'œuvre, frais de chantier. Le résultat retire en plus la part de charges fixes de l'entreprise. Un chantier peut avoir une bonne marge brute et ne rien laisser une fois ces charges payées.
À quel prix compter ses propres heures sur un chantier ?
À votre taux horaire plancher, celui qui couvre vos charges fixes, vos cotisations et votre revenu. Avec cette méthode, un résultat positif veut dire que le chantier a payé tout ce qu'il devait payer. Pour un salarié, comptez son coût horaire chargé.
Qu'est-ce que le seuil de rentabilité d'une entreprise du bâtiment ?
C'est le chiffre d'affaires à partir duquel les charges fixes de l'année sont couvertes. Il se calcule en divisant ces charges, rémunération du dirigeant comprise, par le taux de marge brute moyen. Avec 60 000 € de charges fixes et 40 % de marge, il est de 150 000 € hors taxes.
Pourquoi un chantier rapporte-t-il moins que prévu ?
Le plus souvent à cause des heures : temps sous-estimés, trajets et approvisionnements non comptés, reprises. Viennent ensuite les travaux en plus faits sans nouveau devis, les quantités trop justes et les remises accordées à la signature.