Sommaire (9 parties)
Ce que contient le déboursé sec
| Poste | Ce qu'on compte | L'oubli fréquent |
|---|---|---|
| Matériaux | Le prix d'achat net HT, livraison comprise, plus les pertes et les chutes | Compter la surface exacte, sans les chutes de coupe |
| Main d'œuvre | Les heures passées sur l'ouvrage, multipliées par le coût d'une heure | Prendre le taux horaire facturé au client |
| Matériel | La location, les consommables, l'usure des outils propres à l'ouvrage | Oublier la location d'un outil spécial |
| Sous-traitance | Le prix payé au sous-traitant pour un lot qu'il réalise | Ne pas y ajouter le suivi qu'il demande |
Ce qui n'y entre pas : les frais de chantier (installation, benne, protections, déplacements), les frais généraux de l'entreprise (assurances, véhicule, comptable, temps passé aux devis) et le bénéfice. Certaines méthodes rangent les frais de chantier dans le déboursé sec : l'important est de les compter une fois, pas zéro ni deux. À ne pas confondre avec les débours, ces dépenses payées au nom du client et refacturées sans TVA.
La méthode du sous-détail de prix
Le déboursé sec se calcule par unité d'ouvrage : pour un mètre carré de carrelage, un mètre linéaire de plinthe, un point lumineux. Cette décomposition s'appelle le sous-détail de prix. Pour chaque composant, on note la quantité nécessaire à une unité et son prix ; pour la main d'œuvre, le temps passé par unité, qu'on appelle le temps unitaire ou le rendement.
Déboursé sec unitaire = somme des (quantité × prix) des fournitures + temps unitaire × coût d'une heure + matériel par unité. On multiplie ensuite par la quantité du chantier, mesurée sur place ou sur plan.
Exemple : un mètre carré de carrelage de sol, posé collé
Hypothèses : carrelage acheté 28 € HT le mètre carré, 8 % de chutes, un ouvrier dont l'heure productive coûte 38 € à l'entreprise, 0,9 heure par mètre carré préparation comprise.
| Composant, pour 1 m² | Quantité | Prix unitaire HT | Coût HT |
|---|---|---|---|
| Carrelage, chutes comprises | 1,08 m² | 28,00 € | 30,24 € |
| Mortier-colle | 5 kg | 0,90 € | 4,50 € |
| Joint | 0,5 kg | 4,00 € | 2,00 € |
| Croisillons, petites fournitures | 1 forfait | 1,00 € | 1,00 € |
| Main d'œuvre | 0,9 h | 38,00 € | 34,20 € |
| Déboursé sec au m² | 71,94 € |
Pour une pièce de 25 m², le déboursé sec est de 25 × 71,94 = 1 798,50 € HT. C'est ce que le chantier coûte avant toute autre charge : un prix de vente en dessous fait perdre de l'argent dès le premier jour.
Le coût de 38 € de l'heure n'est pas un taux facturé : c'est ce que coûte à l'entreprise une heure de travail productif, charges comprises. Il se calcule à part, comme expliqué dans l'article sur le coût horaire de la main d'œuvre. Pour un artisan seul, c'est sa propre heure qu'il faut chiffrer.
Les temps unitaires : d'où les tirer
- Vos propres chantiers : la meilleure source. Notez le temps réellement passé sur quelques ouvrages types, et divisez par la quantité posée.
- Les bases de prix du bâtiment : elles donnent des temps et des prix de référence par ouvrage. Ce sont des moyennes, à corriger selon votre façon de travailler.
- Les conditions du chantier : un étage sans ascenseur, un accès difficile, beaucoup de découpes ou un support à reprendre allongent le temps. Ajustez le temps unitaire, plutôt que d'ajouter une ligne vague à la fin.
Un temps unitaire juste vaut plus qu'un prix d'achat négocié au centime : sur l'exemple, 0,1 heure de plus par mètre carré coûte 3,80 €, autant qu'une hausse de 12,5 % du prix du carrelage.
Du déboursé sec au prix de vente
Le prix de vente se construit par étages : déboursé sec, plus les frais de chantier, donne le coût du chantier ; plus la part des frais généraux, il donne le prix de revient ; plus le bénéfice et une provision pour les aléas, il donne le prix de vente hors taxes. Le rapport entre le prix de vente HT et le déboursé sec s'appelle le coefficient de vente, souvent noté K : prix de vente HT = K × déboursé sec.
Suite de l'exemple
Hypothèses : frais de chantier égaux à 5 % du déboursé sec ; frais généraux égaux à 15 % du prix de vente ; bénéfice visé de 10 % du prix de vente.
| Étape | Calcul | Montant HT |
|---|---|---|
| Déboursé sec | 25 m² × 71,94 € | 1 798,50 € |
| Plus frais de chantier | 1 798,50 € × 1,05 | 1 888,43 € |
| Prix de vente | 1 888,43 € ÷ (1 − 0,15 − 0,10) | 2 517,90 € |
| Coefficient de vente K | 2 517,90 € ÷ 1 798,50 € | 1,40 |
Le prix ressort à 100,72 € HT le mètre carré, dont 71,94 € de déboursé sec. Les frais généraux et le bénéfice sont pris sur le prix de vente, d'où la division : multiplier par 1,25 n'en laisserait pas 25 %. Ce piège est détaillé dans l'article sur le taux de marge, le taux de marque et le coefficient.
Le calculateur du prix de vente depuis le déboursé sec refait ce calcul avec vos chiffres, frais généraux comptés sur le prix de vente ou sur le déboursé sec.
Une fois le coefficient de vente connu, il permet de chiffrer vite un ouvrage semblable : on calcule son déboursé sec et on le multiplie par K. Il se recalcule quand vos frais généraux ou votre volume d'activité changent. La place de ce calcul parmi les étapes d'un chiffrage, des quantités au contrôle final, est décrite dans la méthode pour chiffrer un chantier pas à pas.
Les erreurs qui faussent le déboursé sec
- La main d'œuvre comptée au prix de vente : le déboursé sec devient faux, et la marge est comptée deux fois.
- Le prix catalogue au lieu du prix net : vos remises fournisseur changent tout, dans un sens ou dans l'autre.
- Les pertes oubliées : coupes, casse, fins de rouleau ou de lot.
- Les temps cachés : protéger, préparer le support, nettoyer, évacuer les déchets, attendre un séchage.
- Un déboursé jamais confronté au réel : sans comparaison après le chantier, une erreur se répète sur tous les devis suivants.
Après le chantier : le déboursé prévu face au réel
Le déboursé sec d'un devis est une prévision. Le chantier fini, comparez-le aux achats réellement faits et aux heures réellement passées : un écart sur les heures dit qu'un temps unitaire est à revoir, un écart sur les matériaux qu'une quantité ou une perte l'est. La méthode est détaillée dans le guide de la rentabilité d'un chantier.
Dans Nexorio
- Le prix d'achat par ligne : dans un devis, le menu « ⋯ » d'une ligne ouvre « Prix d'achat / Marge ». Le prix d'achat saisi reste invisible pour le client, et la marge de la ligne et du devis se calcule en direct.
- Le sous-détail de vos ouvrages, au bâtiment : dans la bibliothèque, le menu « ⋮ » d'un de vos ouvrages ouvre « Sous-détail (éléments) ». Chaque élément, pour une unité de l'ouvrage, a sa quantité, son unité, son prix d'achat (« PA.U HT ») et son prix de vente (« P.U HT ») ; un champ « Frais généraux » en pourcentage s'applique au coût, et la « Marge nette » s'affiche.
- Les ouvrages de la bibliothèque Nexorio ont un prix indicatif décomposé en fournitures et main d'œuvre, à remplacer par vos prix : voir la bibliothèque d'ouvrages BTP.
- Le réel du chantier, avec le plan Business : la fiche d'un chantier compare le facturé aux achats saisis et aux heures, avec le coût d'une heure de chaque personne.
Ce que Nexorio ne fait pas
- Mesurer les quantités sur un plan : Nexorio ne fait pas de métré.
- Vous fournir des temps unitaires par ouvrage : ce sont les vôtres.
- Calculer un coefficient de vente à partir de vos comptes : il se calcule avec vos frais généraux de l'année.
Sources
- Éduscol, BTS Travaux publics : du déboursé sec au prix de vente hors taxes
- Bpifrance Création : coût de revient, marge et prix de vente
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le déboursé sec dans le bâtiment ?
C'est ce que coûte réellement un ouvrage à l'entreprise : les matériaux, pertes comprises, les heures de main d'œuvre multipliées par le coût d'une heure, et le matériel utilisé. Il ne comprend ni les frais généraux de l'entreprise ni le bénéfice, qui s'ajoutent ensuite pour former le prix de vente.
Faut-il compter la main d'œuvre au taux horaire facturé dans le déboursé sec ?
Non. Le déboursé sec compte ce qu'une heure coûte à l'entreprise, salaire et charges compris, pas le prix auquel elle est vendue au client. Prendre le taux facturé fait compter la marge deux fois et rend le déboursé sec inutilisable pour fixer un prix.
Qu'est-ce qu'un sous-détail de prix ?
C'est la décomposition d'une unité d'ouvrage, un mètre carré ou une pièce par exemple, en ses composants : chaque fourniture avec sa quantité et son prix, et le temps de main d'œuvre par unité. La somme donne le déboursé sec unitaire, qu'on multiplie par la quantité du chantier.
Qu'est-ce que le coefficient de vente K ?
C'est le rapport entre le prix de vente hors taxes et le déboursé sec : prix de vente HT = K × déboursé sec. Il couvre les frais de chantier, les frais généraux et le bénéfice. Avec 5 % de frais de chantier, 15 % de frais généraux et 10 % de bénéfice pris sur le prix de vente, K vaut 1,40.
Où trouver des temps unitaires pour chiffrer un ouvrage ?
D'abord sur vos propres chantiers : notez le temps passé sur quelques ouvrages types et divisez-le par la quantité posée. Les bases de prix du bâtiment donnent des temps de référence, mais ce sont des moyennes à corriger selon l'accès, l'étage, les découpes et l'état du support.