Sommaire (9 parties)
Les quatre statuts, en un coup d'œil
| Statut | Régime social du dirigeant | Impôt | Ce qui compte pour un artisan |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Travailleur indépendant, cotisations sur le chiffre d'affaires | Impôt sur le revenu, après abattement, ou versement libératoire | Simple, mais rien ne se déduit, pas même les fournitures |
| Entreprise individuelle au réel | Travailleur indépendant, cotisations sur le bénéfice | Impôt sur le revenu sur le bénéfice | Les fournitures et les frais se déduisent ; comptabilité complète |
| EURL | Gérant associé unique : travailleur indépendant | Impôt sur le revenu, ou impôt sur les sociétés sur option | Société : formalités, comptes annuels, capital libre |
| SASU | Président assimilé salarié | Impôt sur les sociétés | Meilleure protection sociale, rémunération plus chère |
Depuis 2022, l'entrepreneur individuel, micro compris, a deux patrimoines séparés sans démarche : ses biens personnels ne répondent plus, en principe, des dettes professionnelles. La société n'est donc plus le seul moyen de protéger sa maison. Dans tous les cas, une entreprise individuelle écrit « EI » à côté du nom de l'entrepreneur sur ses devis et ses factures.
La micro-entreprise : les chiffres de 2026
| Ce qui est prélevé sur le chiffre d'affaires | Taux en 2026 |
|---|---|
| Cotisations sociales, prestations de services artisanales | 21,2 % |
| Cotisations sociales, ventes de marchandises | 12,3 % |
| Contribution à la formation professionnelle d'un artisan | 0,3 % |
| Taxe pour frais de chambre de métiers, prestations de services | 0,48 % (hors Alsace-Moselle) |
| Versement libératoire de l'impôt, sur option, prestations | 1,7 % |
Le régime s'applique tant que le chiffre d'affaires reste sous 83 600 € par an pour les prestations de services et 203 100 € pour les ventes, plafonds fixés pour 2026 à 2028 ; un artisan qui fournit les matériaux qu'il pose est en activité mixte, et le régime ne se perd qu'après deux années de dépassement : voir le plafond de la micro-entreprise dans le bâtiment. Sans versement libératoire, le chiffre d'affaires est soumis à l'impôt sur le revenu après un abattement forfaitaire de 50 % pour des prestations artisanales.
La franchise en base de TVA est une autre question : elle dépend du chiffre d'affaires, pas du statut, et une entreprise au réel peut y avoir droit. Les seuils sont dans le guide de la franchise en base de TVA.
Exemple : le même artisan en micro et au réel
Un plombier encaisse 60 000 € dans l'année, dont 20 000 € de fournitures qu'il refacture, et paie 6 000 € de frais (véhicule, assurances, outillage). Les chiffres qui suivent sont des ordres de grandeur, avant impôt sur le revenu.
| Micro-entreprise | Entreprise individuelle au réel | |
|---|---|---|
| Base des cotisations | 60 000 € de chiffre d'affaires | 34 000 € de bénéfice (60 000 − 20 000 − 6 000) |
| Cotisations et contributions | ≈ 13 190 € (21,98 % du chiffre d'affaires) | ≈ 10 550 € (environ 45 % du revenu) |
| Ce qui reste à l'artisan | ≈ 20 810 €, une fois payés fournitures et frais | ≈ 23 450 €, moins les honoraires du comptable |
Ici, le réel laisse environ 2 600 € de plus, avant les honoraires d'un comptable, devenus indispensables. Avec moins de fournitures, l'écart s'inverse : un peintre qui encaisse 40 000 € dont 4 000 € de peinture, avec les mêmes 6 000 € de frais, garde l'avantage de la micro-entreprise. Refaites le calcul avec vos chiffres : le simulateur de l'Urssaf compare les statuts à partir de votre chiffre d'affaires et de vos charges.
EURL ou SASU : la rémunération ne coûte pas pareil
En EURL, le gérant associé unique est travailleur indépendant : ses cotisations représentent, en ordre de grandeur, 45 % de sa rémunération nette. En SASU, le président est assimilé salarié : les cotisations, salariales et patronales, représentent de 75 à 80 % du net. Pour verser 24 000 € nets dans l'année, une EURL dépense ainsi environ 34 800 €, une SASU environ 43 000 €. En échange, la SASU donne une protection plus proche de celle d'un salarié, sans assurance chômage dans un cas comme dans l'autre.
L'impôt sur les sociétés et les dividendes
Une société à l'impôt sur les sociétés paie 15 % sur ses 42 500 premiers euros de bénéfice et 25 % au-delà, si son chiffre d'affaires reste sous 10 millions d'euros et si son capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Le bénéfice distribué en dividendes subit ensuite le prélèvement forfaitaire unique, de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème de l'impôt.
La différence entre les deux sociétés tient alors aux dividendes : en SASU, ils ne supportent pas de cotisations sociales ; en EURL, la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant y est soumise. Mais un dividende ne donne aucun droit à la retraite : un président de SASU qui ne se verse que des dividendes ne cotise pour rien.
Notre avis, selon votre situation
- Vous démarrez seul, surtout en main d'œuvre (peinture, plâtrerie, petits travaux), avec un chiffre d'affaires prévisible sous le plafond : la micro-entreprise. Elle est gratuite à créer et simple à tenir ; vous changerez plus tard si l'activité grandit.
- Les fournitures pèsent lourd (chauffage, cuisine, menuiserie fournie et posée) ou vos frais sont élevés (véhicule, local, matériel) : l'entreprise individuelle au réel ou l'EURL, pour ne cotiser que sur le bénéfice.
- Votre bénéfice dépasse vos besoins et vous voulez en laisser dans l'entreprise pour investir : une société à l'impôt sur les sociétés, EURL sur option ou SASU, pour le taux de 15 %.
- Vous tenez à une protection sociale proche des salariés, ou vous prévoyez de vous associer et de faire entrer des capitaux : la SASU, puis la SAS. Comptez la rémunération plus chère dans vos prix.
- Vous embauchez : tous les statuts le permettent, micro compris, mais au-delà de quelques salariés la comptabilité et la paie justifient souvent une société.
Le statut se change en cours de route : sortir de la micro-entreprise, passer en société par apport de l'entreprise individuelle. Chaque changement a un coût et des formalités ; un expert-comptable ou votre chambre de métiers vous aide à choisir le bon moment. Les autres étapes de l'installation sont dans le guide pour devenir artisan du bâtiment.
Ce qui ne change pas avec le statut
- L'assurance décennale : obligatoire pour les travaux de construction, quel que soit le statut, micro compris. Voir la décennale de l'auto-entrepreneur du bâtiment.
- La qualification professionnelle exigée pour exercer un métier du bâtiment.
- Les mentions des devis et des factures, et la facture électronique : toutes les entreprises reçoivent leurs factures fournisseurs au format électronique depuis septembre 2026, et les artisans émettront les leurs à partir de septembre 2027.
- Les numéros de l'entreprise : SIREN, et RCS pour une société commerciale. Voir le guide des numéros d'une entreprise artisanale.
Dans Nexorio
- Dans Paramètres, rubrique « Entreprise », bloc « Mon entreprise » : la forme juridique se choisit dans la liste. Pour une entreprise individuelle, votre prénom et votre nom s'impriment suivis de « EI » ; pour une société, le capital social et l'immatriculation au RCS sont demandés.
- Le bloc « TVA » règle la franchise ou la TVA facturée, indépendamment du statut.
- Un micro-entrepreneur indique son activité (services, ventes ou les deux) : la page « Indicateurs » affiche alors son chiffre d'affaires face au plafond de la micro-entreprise et aux seuils de la franchise, et tient son livre des recettes.
Ce que Nexorio ne fait pas
- Simuler vos cotisations ou votre impôt selon le statut : utilisez le simulateur de l'Urssaf.
- Tenir votre comptabilité ou établir les comptes annuels d'une société : l'export comptable sert à les transmettre à votre comptable.
- Faire vos déclarations à l'Urssaf ou aux impôts.
Sources officielles
- Économie.gouv.fr : les cotisations sociales d'un micro-entrepreneur
- Entreprendre Service Public : les taux de l'impôt sur les sociétés
- Service Public : la fiscalité des revenus de placements et des dividendes
- Bpifrance Création : régime social du dirigeant, la comparaison
- Urssaf, mon-entreprise : simulateurs et comparateur de statuts
Questions fréquentes
Micro-entreprise ou réel : lequel choisir quand on fournit beaucoup de matériaux ?
Le réel, le plus souvent. En micro-entreprise, les cotisations portent sur tout le chiffre d'affaires, fournitures refacturées comprises, sans rien déduire. Au réel, en entreprise individuelle ou en EURL, elles portent sur le bénéfice, après déduction des fournitures et des frais. Plus ces achats pèsent, plus le réel devient avantageux, honoraires du comptable compris.
Combien un artisan en micro-entreprise paie-t-il de cotisations en 2026 ?
Pour des prestations de services artisanales, 21,2 % du chiffre d'affaires, plus 0,3 % de contribution à la formation professionnelle et, en général, 0,48 % de taxe pour frais de chambre de métiers. Pour la vente de marchandises, le taux est de 12,3 %. Le versement libératoire de l'impôt, sur option, ajoute 1,7 % pour les prestations.
EURL ou SASU pour un artisan du bâtiment : quelle différence ?
En EURL, le gérant est travailleur indépendant : ses cotisations valent environ 45 % de sa rémunération nette. En SASU, le président est assimilé salarié : 75 à 80 % du net, pour une protection proche de celle d'un salarié. Les dividendes de SASU ne supportent pas de cotisations ; ceux d'EURL, au-delà de 10 % du capital, si.
Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?
31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, taux relevé au 1er janvier 2026. L'option pour le barème de l'impôt reste possible, avec un abattement de 40 %, mais les prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas.
Une entreprise individuelle protège-t-elle la maison de l'artisan ?
Oui, en principe : depuis 2022, l'entrepreneur individuel, micro compris, a un patrimoine professionnel séparé de son patrimoine personnel, sans démarche. Ses biens personnels ne répondent plus des dettes professionnelles, sauf exceptions, par exemple s'il renonce à cette protection au profit d'un créancier, souvent une banque.