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Plan de charge de l'artisan du bâtiment : les heures vendues face à la capacité de l'équipe

Le plan de charge d'un artisan du bâtiment compare, semaine par semaine, les heures de travail déjà vendues aux heures que son équipe peut réellement fournir. Il dit si le carnet est trop plein, et qu'il faut décaler, sous-traiter ou renforcer l'équipe, ou trop vide, et qu'il faut relancer des devis. Voici comment calculer la capacité et la charge, un exemple sur huit semaines, et les décisions à en tirer.

Sommaire (10 parties)
  1. Plan de charge et planning : deux outils différents
  2. Calculer la capacité de l'équipe
  3. Calculer la charge
  4. Le taux de charge et le carnet de commandes
  5. Exemple : un plan de charge sur huit semaines
  6. Ce que vous en décidez
  7. Le tenir à jour
  8. Dans Nexorio
  9. Ce que Nexorio ne fait pas
  10. Sources
En résumé : la capacité, ce sont les heures productives de chaque personne, moins les congés, les jours fériés chômés et les arrêts prévus. La charge, ce sont les heures des chantiers signés, placées dans les semaines où ils se font, plus une part des devis en attente, à hauteur de votre taux de signature. Le taux de charge divise l'une par l'autre : au-dessus de 100 %, vous avez promis plus que l'équipe ne peut faire ; loin en dessous, un creux arrive. Le carnet de commandes se compte en semaines de travail.

Plan de charge et planning : deux outils différents

Le planning de chantier place des dates : qui travaille sur quel chantier, quel jour. Le plan de charge compte des heures : combien en avez-vous vendu, combien pouvez-vous en fournir. Le premier dit quand commence le prochain chantier ; le second, si vous pouvez signer celui-ci, et pour quand.

PlanningPlan de charge
Ce qu'il compteDes datesDes heures
Ce qu'il montreQui est sur quel chantier, chaque jourLe travail vendu face au travail possible, chaque semaine
Ce qu'il contientLes chantiers signésLes chantiers signés et une part des devis en attente
La questionQuand commence le prochain chantier ?Puis-je signer ce devis, et pour quand ?

Calculer la capacité de l'équipe

La capacité, c'est le nombre d'heures que l'équipe peut passer sur les chantiers, semaine par semaine. Partez des heures de présence de chaque personne, puis retirez tout ce qui n'est pas du travail vendu.

  • Les heures de présence : 35 heures par semaine pour un salarié à temps complet, la durée légale, ou ce que prévoit son contrat.
  • Les congés payés : 2,5 jours ouvrables par mois de travail, soit 30 jours ouvrables, cinq semaines, pour une année complète. Retirez-les des semaines où ils sont posés.
  • Les jours fériés : onze en métropole. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé ; les autres le sont selon votre convention collective, un accord d'entreprise ou, à défaut, votre décision.
  • Les arrêts prévisibles : formation, visite médicale, et une réserve pour les intempéries sur les chantiers extérieurs, plus large en hiver.
  • Les heures non productives : trajets, chargement, rangement, petites reprises. Le rapport entre heures payées et heures productives est expliqué dans l'article sur le coût horaire de la main d'œuvre. Pour le mesurer sur vos chantiers, tenez une feuille d'heures chaque semaine.
  • Votre propre temps : si vous travaillez sur les chantiers, ne comptez que les heures qui restent après les devis, les achats et la gestion.

Hypothèse pour l'exemple : l'artisan et deux compagnons. Chaque compagnon fournit 6 heures productives par jour, l'artisan 5, le reste de sa journée allant aux devis. Une semaine de cinq jours offre donc 85 heures (2 × 6 × 5, plus 5 × 5). Une semaine avec un jour férié chômé en offre 68 ; une semaine avec un jour férié et un compagnon en congé, 44.

Calculer la charge

La charge, c'est le travail déjà vendu, compté en heures. Elle se tire de vos devis : pour chaque ouvrage, la quantité multipliée par le temps unitaire, comme dans le calcul du déboursé sec. Une salle de bain chiffrée à 120 heures de travail ne se mesure pas en euros mais en semaines d'équipe.

  • Les chantiers signés : leurs heures, moins celles déjà faites, réparties dans les semaines où le planning les place.
  • Les devis en attente : une part seulement, celle que vous signez d'habitude. Avec 300 heures de devis envoyés et un taux de signature de 30 %, comptez 90 heures, aux dates de démarrage annoncées.
  • Les engagements réguliers : contrats d'entretien, dépannages pour des clients fidèles, à estimer d'après les mois passés.

Votre taux de signature est le vôtre : il se calcule sur vos devis qui ont reçu une réponse, et il change selon le type de chantier et la saison. Les moyens de le faire monter sont dans l'article pour faire signer ses devis.

Le taux de charge et le carnet de commandes

Le taux de charge rapporte la charge à la capacité, semaine par semaine : taux de charge = charge ÷ capacité. Au-dessus de 100 %, vous avez promis plus d'heures que l'équipe n'en a. Loin en dessous, une semaine creuse arrive, qui coûtera ses salaires et ses charges fixes sans rien rapporter.

Le carnet de commandes se compte en durée : carnet = heures signées restant à faire ÷ capacité d'une semaine normale. C'est aussi en durée que l'Insee le suit dans son enquête de conjoncture sur le bâtiment : les entrepreneurs y estiment combien de mois de travail leurs carnets leur assurent, compte tenu de leurs effectifs. Pour une petite équipe, la semaine est l'unité la plus parlante.

Exemple : un plan de charge sur huit semaines

Hypothèses : l'équipe décrite plus haut, du 2 novembre au 25 décembre 2026. Le 11 novembre et le 25 décembre sont chômés, et un compagnon est en congé la semaine de Noël. Les chantiers signés représentent 408 heures ; les devis en attente, 300 heures, comptent pour 90 heures avec un taux de signature de 30 %.

Semaine duCapacitéChantiers signésDevis en attente (30 %)Charge totaleTaux de charge
2 nov.85 h85 h0 h85 h100 %
9 nov.68 h68 h0 h68 h100 %
16 nov.85 h95 h0 h95 h112 %
23 nov.85 h80 h0 h80 h94 %
30 nov.85 h45 h15 h60 h71 %
7 déc.85 h25 h25 h50 h59 %
14 déc.85 h10 h30 h40 h47 %
21 déc.44 h0 h20 h20 h45 %
Total622 h408 h90 h498 h80 %

Trois choses se lisent. La semaine du 16 novembre dépasse la capacité de 10 heures : il faut les déplacer ou trouver du renfort. À partir du 30 novembre, la charge baisse vite : même en comptant les devis qui devraient se signer, 129 heures restent sans travail sur les quatre dernières semaines. Enfin, le carnet signé représente 408 ÷ 85 = 4,8 semaines de travail : un peu plus d'un mois devant soi.

Ce que vous en décidez

Quand la charge dépasse la capacité

  • Décaler un chantier qui n'a pas commencé, avec l'accord du client, plutôt que promettre un délai intenable : un délai dépassé peut coûter des pénalités de retard de chantier si le contrat en prévoit.
  • Sous-traiter un lot : le maître d'ouvrage doit alors accepter le sous-traitant et agréer ses conditions de paiement (loi du 31 décembre 1975, article 3). La facturation est expliquée dans l'article sur la sous-traitance dans le BTP.
  • Faire appel à l'intérim pour un accroissement temporaire d'activité : un contrat de mission ne peut pas pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise.
  • Embaucher quand le dépassement dure : plusieurs mois au-dessus de 100 %, avec un carnet qui se remplit encore, disent que c'est la capacité qui est à revoir.
  • Annoncer un délai plus long au prochain client, ou refuser : un chantier signé que vous ne pouvez pas tenir abîme la relation plus qu'un devis perdu.

Quand la capacité dépasse la charge

  • Relancer les devis en attente, en commençant par ceux qui démarreraient dans le creux : des modèles sont dans l'article pour relancer un devis par mail.
  • Prendre de petits chantiers et des dépannages qui tiennent dans le creux.
  • Avancer un chantier signé pour plus tard, si le client est d'accord.
  • Placer dans le creux les congés, la formation et l'entretien du matériel.
  • Chercher de nouveaux clients : les canaux sont décrits dans l'article pour trouver des chantiers.

Le tenir à jour

Le plan de charge se refait chaque semaine, et à chaque devis signé, refusé ou décalé. Une fois un chantier fini, comparez les heures prévues aux heures passées : si elles dépassent régulièrement, ce sont vos temps unitaires qu'il faut corriger, et votre charge future est sous-estimée d'autant. Un creux dans le plan de charge annonce aussi un creux dans votre trésorerie, quelques semaines plus tard. Ce que chaque chantier a coûté et rapporté se suit à part, dans un tableau de suivi des chantiers en cours.

Dans Nexorio

  • Le planning des chantiers, dans tous les plans : la page « Chantiers » a trois vues, « Liste », « Planning » (semaine, mois ou frise) et « Carte ».
  • La vue « Par personne », avec le plan Business : chaque personne de l'« Équipe » a sa ligne et ses chantiers, les jours où elle serait sur deux chantiers à la fois sont signalés, et les chantiers où personne n'est placé apparaissent à part. « Semaine en PDF » donne à chacun son programme.
  • Les heures réellement passées, avec le plan Business : la page « Heures de l'équipe » se remplit semaine par semaine, personne par personne : vous voyez ce qu'un chantier a vraiment demandé.
  • Les devis en attente : l'onglet « Envoyés » de la page Devis liste ceux qui attendent la réponse du client, et la carte « Devis acceptés » des « Indicateurs » donne votre taux, calculé sur les devis qui ont reçu une réponse.

Le planning, l'équipe et le plan de charge sont décrits sur la page du planning de chantier.

Ce que Nexorio ne fait pas

  • Calculer la charge en heures à partir de vos devis : les heures de chaque chantier restent à estimer.
  • Calculer la capacité de votre équipe, congés et jours fériés déduits.
  • Pointer les heures : elles se saisissent à la main, avec le plan Business.
  • Planifier les tâches à l'intérieur d'un chantier.

Sources

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un plan de charge dans le bâtiment ?

C'est un tableau qui compare, semaine par semaine ou mois par mois, les heures de travail déjà vendues aux heures que l'équipe peut fournir. Il montre les semaines où vous avez promis trop de travail et celles où il en manque, assez tôt pour décaler, sous-traiter ou relancer des devis.

Comment calculer la capacité de travail d'une équipe d'artisans ?

Partez des heures de présence de chaque personne, puis retirez les congés, les jours fériés chômés, les arrêts prévisibles et les heures non productives comme les trajets ou le rangement. Pour vous-même, ne comptez que les heures de chantier qui restent après les devis et la gestion. Le total, semaine par semaine, est votre capacité.

Faut-il compter les devis non signés dans le plan de charge ?

Oui, mais seulement pour la part que vous signez d'habitude. Avec 300 heures de devis en attente et un taux de signature de 30 %, comptez 90 heures, placées aux dates de démarrage annoncées. Les chantiers signés, eux, comptent pour toutes leurs heures restant à faire.

Comment exprimer son carnet de commandes en semaines de travail ?

Divisez les heures des chantiers signés qui restent à faire par la capacité d'une semaine normale de votre équipe. Une équipe qui fournit 85 heures productives par semaine et a 408 heures signées devant elle a 4,8 semaines de carnet.

Que faire quand le plan de charge dépasse 100 % sur une semaine ?

Déplacez les heures en trop vers une semaine plus calme, avec l'accord du client, sous-traitez un lot ou faites appel à l'intérim pour un surcroît temporaire. Si le dépassement dure plusieurs mois et que le carnet se remplit encore, c'est la capacité de l'équipe qu'il faut revoir, par une embauche.